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01 novembre 2009

De la limitation des fortunes personnelles

 

Pour nous tous, dîtes-moi quel est le bien le plus précieux ? N'est-ce pas la liberté ? Si, assurément. Cette liberté qu'en ce pays-ci, nous avons tardé à connaître, tardé à chérir, et que, peut-être aujourd'hui que nous l'avons pleinement et qui nous accompagne tandis que nous n'y pensons plus, nous ne chérissons pas assez. Cette liberté dis-je, si difficile à conquérir, tant précieuse, si fragile, cette liberté-là est pourtant limitée par nos lois et c'est une bonne chose. Il n'est en effet de vraie liberté qu'autant qu'elle ne nuise à personne, car tout usage de la liberté qui blesse ou tourmente autrui n'est plus une liberté mais une tyrannie.

Si ce qui constitue alors de l'avis commun le plus grand bien est néanmoins limité dans l'intérêt de tous, pourquoi n'en serait-il pas ainsi d'autres biens dont l'importance serait plus faible, alors même que les détenir en quantité quasi illimitée présenterait mille inconvénients et causerait d'infinis dommages à la société ? Ne serait-il pas extravagant d'autoriser les excès sur des biens secondaires et aux effets véritablement néfastes tandis que nous ne les permettons pas s'agissant du plus grand des biens ? La nécessaire limitation à apporter à certain bien ou droit auquel je pense est ce que je vais tenter de vous convaincre. Il s'agit du droit de propriété ou du droit à l'accumulation, à l'enrichissement personnel.

Je vais commencer par combattre le principal argument opposé à la limitation de la richesse personnelle, qui est la crainte de faire fuir cette richesse vers un autre pays et ainsi d'appauvrir le reste de la population.

La sorte de richesse avec laquelle partira un individu est uniquement privée. Elle n'est ni naturelle, ni collective. Il ne partira pas avec les millions de litres d'eau contenus dans nos fleuves, ni avec des tonnes de charbon, ou d'autres minerais, il ne partira pas avec nos montagnes, nos lacs, nos champs fertiles, toutes ces richesses naturelles. Il ne partira pas non plus avec nos routes, nos hôpitaux, nos écoles, nos monuments qui constituent les richesses collectives. L'essence même de notre pays et tout ce que le travail et le génie de millions de français ont permis de créer, qui constituent les fondements de la richesse nationale seront entièrement préservés et continueront à nous appartenir sans que le départ des riches nous en prive de la plus infime partie. Le départ d'une richesse uniquement personnelle qui ne comprend celle des autres en aucune façon ne saurait donc être un préjudice pour la collectivité.

La richesse privée ne peut se former sans l'aide de cette richesse nationale, dont nous sommes tous à la fois redevables et responsables. Quels seraient les espoirs de fortune dans un pays sous-développé, où la terre est hostile, dans un pays où la première maladie peut vous être fatale, où l'éducation est médiocre ? La richesse privée se nourrit de la richesse nationale et est une source intarissable dans un pays tel que le nôtre. Qu'on en perde une partie et elle renaîtra toujours chez quelque autre car elle est entraînée par un mouvement supérieur, plus fort que lui-même, animée par d'innombrables bras et par d'innombrables intelligences. Il n'est pas sensé de craindre que le départ de quelques individus, si puissants soient-ils, puisse fragiliser un édifice bâti au cours des siècles par des millions d'individus. Ne nous laissons donc pas impressionner par cet argument et croyons en nos forces. Si nous dépendons un peu de tous, ce n'est de personne en particulier.

Il reste l'épouvantail, sans cesse agité, de la perte en contributions et impôts. Je ne la conteste pas mais il faudra la mettre dans la balance avec de l'autre côté tous les avantages dont je vais parler.

Le premier avantage pourrait même réduire à néant l'inconvénient de la perte fiscale en entraînant une augmentation de la moyenne de la richesse des citoyens qui compenserait donc cette perte.

Un État responsable ne doit jamais rien sacrifier pour garder ceux qui ne se distinguent que par leur immense fortune, et ne doit surtout jamais céder à leur chantage. Il doit en revanche tout mettre en œuvre pour retenir ses chercheurs, ses ingénieurs, ses professeurs, ses médecins, ses architectes, ses informaticiens. Voilà ceux dont nous avons besoin et qui représentent la richesse qu'il nous faut, la richesse utile, noble. Ces hommes et ses femmes si précieux, que doivent-ils penser quand leur travail, leur valeur sont si peu reconnus et qu'on s'effraye uniquement quand quelques milliardaires menacent de s'échapper ? Et que doit en penser la population entière, au sein de laquelle chacun essaye de trouver sa place, de se rendre utile, de fonder une famille, d'éduquer ses enfants, d'apporter à la société sa contribution selon ses capacités, et pour beaucoup de vivre ou de survivre, quand une partie qui nage dans l'opulence se plaint sans cesse, estime n'en avoir pas assez ou être trop écrasé par l'impôt et attendrait presque nos consolations ? Ne pensez-vous pas que chacun éprouve une forme de dégoût, de découragement ? Ne croyez-vous pas que la motivation s'en ressente quand il y a d'un côté une multitude qui se retrouve dans la nécessité commune de savoir compter, et ceci même quand on a de très bons revenus, et de l'autre quelques uns qui n'ont plus besoin de savoir compter mais qui néanmoins sont impossibles à satisfaire ? Et si cette motivation est touchée, l'activité, l'énergie, les initiatives sont elles aussi affectées, et c'est bien toute la richesse nationale qui s'en trouve diminuée.

Je n'ai donc pas peur d'affirmer ce paradoxe qu'en l'état actuel de notre législation la présence sur notre territoire de personnes extrêmement fortunées contribue à diminuer la richesse nationale plutôt qu'à l'augmenter. J'ai cette conviction que leurs menaces, leur influence, leur indocilité et leurs esquives à l'égard des charges communes, leur insatisfaction chronique, j'ai la conviction que tout cela nous coûte plus sur la durée que cela ne nous rapporte.

Plus on est riche, plus on a d'influence dans un pays et plus on est écouté de ceux qui gouvernent. Si cela peut sembler légitime jusqu'à un certain point, quand la fortune est le fruit de son mérite, il est un stade où l'on cherche à ne manifester son influence dans la société, non pas pour lui être utile, même pas pour favoriser la réalisation de soi, le développement de ses affaires, mais dans l'unique but d'accroître sa richesse. Et les personnes très fortunées en sont bien là quand une seule loi fiscale a plus d'effet sur leur patrimoine que toute mesure facilitant leur activité. Rien ne doit favoriser un comportement aussi nuisible et inéquitable. Toute tentative de persuader un député, un ministre de défendre sa cause, quand celle-ci n'est motivée que par l'appât du gain, a pour effet de s'approprier une voix que l'on prend, non pas à un seul autre, mais à des milliers d'autres. En effet, une personne très fortunée vaut dans l'esprit d'un homme de pouvoir, si épris de probité soit-il, plusieurs milliers de personnes sans relation, sans fortune. Le mérite même, reconnu de tous, comme le serait celui d'un chercheur qui découvre un vaccin contre telle maladie, ne pèse pas lourd contre un compte en banque qui déborde.

On dit souvent aussi, à propos des responsables de très grandes sociétés, que si on contrarie leur cupidité, ils iront exercer leurs talents sous des cieux fiscalement plus cléments. On se priverait ainsi d'une élite extraordinaire. Il faut bien se moquer de nous pour prétendre qu'un pays de soixante millions d'âmes contienne si peu de personnes compétentes que le départ de quelques uns constitue un dommage irréparable. On a pu voir récemment les déboires d'une grande banque d'investissement dont la direction n'a sans doute pas été confiée à n'importe qui, jouissant certainement de confortables émoluments, et dont les principaux actionnaires étaient eux-mêmes deux grands établissements bancaires, eux aussi dirigés par des personnalités, on n'en doute pas, tout à fait remarquables et à l'abri du besoin. Tout était réuni pour que des merveilles se produisent. On sait ce qu'il en advint. En vérité, le départ d'un haut dirigeant est moins une perte pour son entreprise qu'une opportunité de dévoiler les talents de tous ceux qui ne manqueront pas de convoiter le siège. Encore une fois, on observe que ce qui est présenté comme un inconvénient à première vue peut se révéler à l'analyse ou comme une tromperie ou comme au contraire un avantage.

Je propose de mettre un terme définitif à cette scandaleuse et monstrueuse situation où un seul homme peut en théorie tout posséder. Imaginez une seconde les conséquences d'une situation où un homme tellement riche pourrait s'approprier la totalité de l'exploitation d'une matière première. Le monde serait entre ses mains. Imaginez, chose plus probable, que dans un pays, une région, un individu concentre la puissance de sa fortune sur un secteur de l'économie, comme par exemple l'immobilier, pour créer des tensions sur les prix au gré de sa stratégie d'enrichissement. Cette situation n'est nullement invraisemblable si l'on se résigne à se soumettre à ce principe économique qui interdit de brider l'enrichissement individuel. Pour la prospérité de tous, pour la justice, pour le progrès, pour l'unité nationale, je suggère donc que revenus et patrimoines subissent un taux d'imposition marginal de 90%. Je ne souhaite pas qu'on aille plus loin car il ne s'agit pas d'interdire totalement aux forcenés de s'enrichir au-delà du raisonnable, même si en pratique un taux de 90% devrait être dissuasif. Je ne veux pas en effet qu'un plafond, quand bien même il constituerait un horizon lointain ou inaccessible pour la majorité d'entre nous, soit présenté à la population et constitue une limite d'avance déterminée à leur ambition naissante. Le seuil des 90% sera fixé pour commencer à un niveau très élevé, de sorte qu'il n'y aura pas plus de dix mille personnes qui pourront l'atteindre. Cette nouvelle règle ne s'adresse donc pas aux millions d'hommes et de femmes qui à l'aube de leur vie, n'héritent que du plus important, à savoir de parents attentifs et soucieux de leur éducation, qui apprennent un métier, ont envie de réussir, d'être utiles, d'avoir les moyens de faire vivre une famille, et qui après une carrière bien menée, atteignent un statut qui les classe parmi les privilégiés. Elle ne vise que ceux qui n'en ont jamais assez, qui placent l'augmentation de leur fortune au-dessus de toute autre valeur, manigancent, trament, soudoient, circonviennent, et détournent ceux que nous avons élus de l'intérêt général. Ceux-là, soit ils acceptent cette nouvelle règle et c'est une marque de compréhension que nous apprécierons, soit ils partent et leur départ sera non pas un coût pour la société, mais un profit, un soulagement, un bienfait.

25 octobre 2009

Je suis candidat en 2012

 

Mes Chers Compatriotes

J'ai l'honneur de vous présenter ma candidature à l'élection présidentielle de 2012. Je mesure l'importance de cette décision et la responsabilité qu'elle implique. Je sens que seulement oser entreprendre cette démarche et prétendre à votre suffrage sont la marque ou de la folie ou d'un orgueil démesuré.

Mais je sens plus que tout, et c'est cela qui me porte, que nous arrivons dans des temps où il n'est que trop nécessaire de balayer les règles qui nous ont toujours régis jusqu'à ce jour, où les déceptions des gouvernements précédents se sont trop accumulées, et où la situation de la France ne nous permet plus de laisser une nouvelle chance à celles et à ceux qui se partagent depuis trop longtemps les responsabilités, et qui, s'ils sont parfois pleins de louables intentions au début de leur parcours politique, finissent toujours par voir leur volonté s'émousser au contact permanent des élites qui leur font voir un monde qui est le leur et qui n'est pas le nôtre.

Avant de vous faire part des grandes lignes de mon programme, il me faut vous convaincre que seul un représentant inconnu de tous les citoyens peut profondément changer la société et ne pas vous trahir, que seul un homme sans attache, sans relation, sans amitié célèbre ou fortunée peut en toute indépendance et en toute sincérité servir la presque totalité des citoyens qui ne sont ni célèbres, ni fortunés.

Notre beau et grand pays est conduit depuis quelques dizaines d'années par des personnes dont les fréquentations avec un milieu composé de vedettes médiatiques, de personnalités fortunées et d'importants dirigeants sont ostensibles et régulières. Ce n'est pas avec nous qu'elles dînent, qu'elles débattent de notre propre avenir et des lois qui doivent nous gouverner. Croire alors qu'elles ne peuvent pas être influencées profondément par ces personnalités privilégiées serait montrer une naïveté qui n'est plus de saison. Je ne dis pas que ces personnalités sont toutes mal intentionnées, ou qu'il n'y a pas chez la plupart d'entre elles des compétences certaines, je dis seulement qu'elles ne peuvent plus prétendre formater l'opinion ou l'incarner, et que leur proximité continue avec nos représentants est une atteinte à l'égalité des citoyens. Sachez bien que lorsqu'un grand patron a un problème ou une volonté particulière, il est reçu par un ministre. Quand l'un d'entre nous a le même problème ou la même volonté particulière, il peut toujours écrire. Je ne suis pas sûr que sa lettre soit seulement lue. Ce que je veux dire surtout, c'est que, en démocratie, un homme égale une voix, or la voix d'un grand patron par exemple compte plus que celle d'un simple citoyen, elle est plus écoutée et plus susceptible d'espérer que l'expression de ses désirs soit satisfaite. Aujourd'hui donc, un homme n'égale pas une voix. C'est une profonde injustice et elle est due principalement au fait que nos représentants sont peu à peu comme corrompus sans s'en rendre compte par leur environnement composé d'une minorité de privilégiés et dont l'essentielle des préoccupations sont à mille lieues des nôtres. Nous sommes bien à égalité lors du vote, je ne le conteste pas, mais lors de l'action quotidienne des élus, ce n'est plus la même affaire. C'est à qui a le plus d'influence et à ce jeu là, le simple citoyen n'a aucune arme. Il ne lui reste plus qu'à attendre la prochaine élection qui le mènera vers la même injustice parce que trop sensible encore aux nombreuses promesses, tant il est vrai que s'il est défavorisé dans les actes, dans les promesses il est toujours bien servi. Et je ne vous ai pas parlé des médias qui offrent aux élites sur-représentées une immense tribune pour faire entendre leurs idées, leurs convictions, ce qui rompt davantage encore l'équilibre entre le sort réservé à leurs vœux par rapport à ceux des citoyens.

Il faut donc, mes chers compatriotes, un homme qui ne connaît personne et qui, croyez-moi, n'a nulle envie de fréquenter la classe des privilégiés, un homme qui par conséquent n'en deviendra jamais leur obligé. Il ne pourra non plus ainsi en subir leur influence, parfois néfaste, toujours injuste. Il faut un homme qui regarde précisément l'intérêt général en se débarrassant de cette fausse croyance que l'intérêt des plus riches fait forcément l'intérêt de tous, croyance, on ne s'en étonnera pas, défendue précisément par les plus riches, et croyance dont on attend toujours qu'elle se vérifie. Et quoi de mieux pour n'avoir pas cette chimère en tête que de n'être pas en relation avec ceux qui veulent à toute force vous en persuader parce qu'ils y ont intérêt.

Il faut un homme aussi qui, ainsi épargné par le voisinage nuisible de la classe des privilégiés, ne puisse dès lors rechercher ceux qui l'aideront dans cette immense mission de servir la France que parmi ceux dont le mérite est reconnu et le désintérêt indiscutable. Sachez, chers compatriotes, que le Président de la République n'est pas le moteur de l'action publique, il n'est qu'un organisateur dont le souci constant doit être de mettre les meilleurs aux meilleures places. S'il procède ainsi, soyez assurés que ses idées seront aussi celles de ses collaborateurs, car avec les plus grandes compétences agissant uniquement pour l'intérêt collectif, il n'y a pas trente-six façons de guider le pays. Un homme ne peut rien faire seul, et surtout rien faire de bien, s'il n'est pas accompagné de personnes vouées entièrement à l'amélioration de la vie de chacun, sans qu'aucun ne compte plus qu'un autre. Je n'ai pas alors à rappeler combien il est important qu'il donne lui-même l'exemple de ce dévouement entier et de l'absence d'intérêt particulier parasitant l'intérêt général.

Je crois fortement en effet aux valeurs de l'exemple et au fait que les êtres de même composition s'attirent. C'est pourquoi je ne m'inquiète pas de voir venir à moi ces hommes et ces femmes compétents et intègres, et le rester quand ils auront vu que de leur compétence et de leur intégrité seules dépend leur avenir.

Il me reste, mes chers compatriotes, à vous détailler mon programme. Contrairement à ce que vous pourriez penser au premier abord, il ne doit pas vous sembler consister en un grand changement et ne doit donc pas vous effrayer car il s'agit, je le crois, de mesures de bon sens et de justice qui auraient dû être mises en application depuis longtemps, mais que des applications contraires et durables ont rendu peu à peu étrangères à votre esprit. Je ne ferai en définitive que vous remettre en mémoire ce que vous avez toujours su et ce que vous avez toujours voulu. Et vous regarderez alors avec un sentiment de détestation qui, j'en suis sûr, ne vous a jamais abandonné en vérité, les injustices et les lois absurdes qu'on vous inflige depuis trop longtemps. Le programme que je vais vous présenter ne sera ainsi à vos yeux qu'un retour aux principes élémentaires de fonctionnement de toute société humaine.

Je suis, mes très chers compatriotes, votre très humble serviteur, je n'aspire à aucune autre ambition que de le demeurer, et vous fais le serment solennel que je me garderai toujours de toute influence du brillant et des importants, principales sources de corruption des idées.

15 septembre 2009

Le festival de l'UMP

D'après notre envoyé spécial.

Une fois encore, le festival de l'UMP a tenu toutes ses promesses. De l'avis de tous les festivaliers, c'est un grand cru auquel nous avons assisté. Il faut dire que la qualité des films représentés, avec à l'affiche les plus grandes stars, ne pouvait que soulever l'enthousiasme général. Il y eut comme toujours son lot de passions, de déclarations provocantes, drôles ou surprenantes, et de retrouvailles émouvantes. Et avant que les lumières ne s'éteignent jusqu'à la prochaine saison, passons tout de suite au verdict, prononcé il y a quelques minutes seulement.

Le grand prix de l'interprétation masculine a été décerné à Eric Besson.

Extrait :

 

 

Pour sa première apparition au festival de l'UMP, Eric Besson signe une entrée remarquée. Certes, le jury n'était pas unanime. Quelques uns ont d'ailleurs souligné un certain amateurisme et fait remarquer que les ficelles pour masquer les ressorts de son art étaient un peu conventionnelles. Ainsi, le moment clé de l'oeuvre se caractérise-t-il par une interprétation un peu naïve, voire enfantine du héros, que la caméra n'a que trop bien su saisir. Malgré ces réserves, le jury a indiqué que ce prix était aussi un encouragement pour un nouveau venu plein d'avenir.

Le prix spécial du juron est revenu sans grande surprise à Patrick Devedjian pour son désormais célèbre «Salope !», lequel lui a valu beaucoup d'applaudissements chaleureux.

Extrait :

 

 

A ceux qui lui demandèrent comment il a pu atteindre une telle perfection dans l'interprétation, comment il a pu réciter avec autant de sincérité, de conviction un texte réputé très difficile d'accès, il a répondu qu'il a, comme bien des artistes, son petit truc. Il consiste, nous a-t-il confié, à faire abstraction de la caméra, de l'ignorer totalement au point d'oublier même qu'elle est présente, ce qui confère à son interprétation une authenticité, un naturel, des airs de vérité dont peu de ses pairs sont capables. On croirait bien qu'il vit le rôle, que ce qu'il fait dire à son personnage est le reflet de ses pensées. C'est admirable.

Le prix de la mise en scène a été attribué, une fois n'est pas coutume, à un remake. Chacun se souvient de l'oeuvre magistrale de Nadine Morano.

Séquence émotion. Extrait :

 

 

Tourné dans les studios Carrefour, ce grand moment de cinéma est encore dans toutes les mémoires. Chacun se souvient du duo entre Nadine Morano, épatante et si sublime, et son partenaire, un acteur UMP habitué des seconds rôles. On ne se lasse pas de revoir leur confrontation au moment capital où ils prennent conscience tous les deux des effets stupéfiants de la réforme Darcos. On ne verra plus jamais ça.

Cette fois, c'est donc Luc Chatel qui a remporté le prix, et sa version de l'oeuvre originale contient des parentés évidentes.

Extrait :

 

 

 

On le voit, Luc Chatel, en élève admiratif et respectueux de son modèle, s'est largement inspiré de Nadine Morano, ce dont il ne se cache pas, tout en y apportant une touche personnelle qui a plu à l'ensemble du jury et aux spectateurs. Ici, l'action se passe dans les studios Intermarché. Mais ce n'est pas la seule différence. Luc Chatel a disposé d'un budget bien plus important, ce qui lui a permis de proposer une galerie de personnages très étoffée. La scène avec les nombreuses actrices qui se précipitent sur les fournitures, et s'émerveillent des prix imbattables de la rentrée fait déjà partie de la légende du cinéma. Parmi les nombreuses anecdotes autour du film, on retiendra celle de la scène finale où les actrices abandonnent leurs caddies et repartent les mains vides, scène qui a été coupée au montage. Un choix du réalisateur qu'il faut respecter.

Enfin, le grand prix du festival a été attribué à Nicolas Sarkozy. Aucune hésitation pour le jury, aucune voix ne lui a manqué.

Extrait :

 

 

Nicolas Sarkozy a relancé le cinéma d'hauteur à la française, tout en lui octroyant les moyens d'une superproduction hollywoodienne. Le mélange laisse pantois. Tout a été tourné dans les studios ultra-modernes de Faurecia. Rien n'a été laissé au hasard : des figurants sur-mesure ont été recrutés dans toute la région. Nicolas Sarkozy, craignant que des centaines de fans ne viennent crier leur admiration, ne pouvant humainement témoigner à chacun sa gratitude, et préférant ne laisser personne dans la déception, a dès lors choisi de boucler le secteur sur un grand périmètre. Les artistes de génie ont toujours des sentiments généreux. Tout au long de ce chef d'oeuvre, le héros garde son sourire, multiplie les saillies fines et les remarques riches de sens «Combien de temps à l'école ?». Le spectateur est aux anges. On sent que tout le travail a déjà été longuement mâché et qu'il ne lui reste plus qu'à faire parler son talent. La scène de l'estrade où l'on est terrassé par le génie d'un homme culminant à des sommets inégalés, sans que l'on sente jamais le calcul, la moindre difficulté témoigne que nous sommes bel et bien entrés dans une nouvelle ère du cinéma. Plus rien ne sera comme avant. L'art de la représentation fictive, de l'invention, a rencontré son maître. A bientôt pour le prochain festival de l'UMP.

 
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